Journée de secteur 2012 des Equipes Notre-Dame
« Eglise, sexualité, amour : Quelle bonne nouvelle ? » 
Fondées par le Père Caffarel il ya plus d’un demi siècle les Equipes Notre-Dame sont un mouvement catholique international qui rassemble 55 000 couples mariés ayant le désir de vivre pleinement les richesses de leur sacrement du mariage. Les Equipes Notre-Dame ont été reconnues par le Vatican comme Association internationale catholique en 1975 et comme Association privée internationale de fidèles en 2002. Le mouvement est placé sous le patronage de Notre Dame parce que Marie conduit au Christ qui est le centre de la vie spirituelle des équipiers. Marie est pour eux, par sa soumission à la volonté de Dieu , un exemple parfait de la docilité à l’Esprit Saint. Les couples chrétiens unis par le sacrement du mariage sont appelés à suivre le Christ sur le chemin de l’Amour du Bonheur et de la Sainteté. Les Equipes Notre-Dame, don de l’Esprit Saint, sont offertes aux couples pour les aider à découvrir les richesses du sacrement du mariage, à vivre une spiritualité conjugale et devenir ainsi des témoins du mariage chrétien dans l’Eglise et le monde entier. |
Cette journée qui s’est déroulée le 29 avril, à la maison diocésaine, à Nîmes, a réuni vingt cinq couples , une trentaine d’enfants et quelques baby sitters dont l’efficacité a été fortement appréciée. Monseigneur Wattebled a honoré de sa présence cette rencontre annuelle à laquelle participait également Marie-Bénédicte Bounie, responsable avec son mari de la région Midi Pyrénées dont dépend le secteur du Gard .
Cette année le thème choisi était : « Eglise, sexualité, amour : Quelle bonne nouvelle ? ». Le Père Christophe Disdier-Chave, vicaire général de Digne, avait été sollicité. En tant que conseiller spirituel d’une équipe Notre-Dame il a tout d’abord témoigné son attachement au mouvement en tant que prêtre : « c’est une école mutuelle pour nous aider à grandir dans la Foi et l’Amour. C’est un roc pour s’appuyer sur sa mission sacerdotale, une grâce. » Ensuite en tant que théologien et spécialiste d’éthique familiale et sexuelle, il est intervenu sur le thème évoqué précédemment.
Marie-Laure et Jean-Marc Bonnier, responsables END secteur du Gard
Bonne nouvelle
Le couple chrétien révèle la façon d’aimer du Dieu de l’Alliance
Extraits de l’intervention du P. Christophe Disdier-Chave
Pour bon nombre de nos contemporains, Eglise sexualité et amour ne font pas bon ménage. Pour beaucoup, l’Eglise se méfie, voire condamne la sexualité, en tout cas l’entoure d’une multitude d’interdits.
La philosophie des Lumières, au XVIIIème siècle accusa le christianisme d’avoir empoisonné la source des plaisirs et tari la joie de vivre. Nietzsche au XIXème, présentera le christianisme comme une morale, qui plus est anti-naturelle, s’opposant à la soif de vie et de bonheur de l’homme. La plupart de nos contemporains sont convaincus que le christianisme méprise le corps. C’est oublier que c’est le christianisme qui a oeuvré à introduire l’amour dans la relation conjugale et qu’il est la religion du corps : Dieu s’est fait homme. Il nous donne son corps en nourriture !
[…] On doit à Saint Augustin d’avoir le premier, soulevé l’ambivalence de la sexualité humaine. Nous vivons en état de grâce et de péché et cet affrontement se joue dans tous les domaines de l’activité humaine.
[…] Mais il faut aussi noter que tout au long de l’histoire de l’Eglise il y a eu tout un courant positif concernant l’amour et la sexualité, chez certains Pères de l’Eglise, au XIIIème siècle avec Saint Thomas d’Aquin et au XVIIème siècle sous la plume de Saint François de Sales.
En 1930, le pape Pie XI, dans l’encyclique Casti Connubii écrit : « Le mariage n’est pas strictement l’institution destinée à la procréation et à l’éducation des enfants, mais, dans un sens plus large, une mise en commun de toute la vie, une intimité habituelle, une société ». Pie XII, affirmera que « en recherchant le plaisir, les couples ne font pas de mal, ils acceptent ce que la création leur a donné. »
Enfin Vatican II exprimera bien comment dans le plan de Dieu, sexualité, spiritualité, corps et âme ne s’opposent pas. Karol Wojtyla, qui deviendra ensuite pape, fera progresser l’Eglise sur ces questions. Il jouera un rôle dans la rédaction du chapitre de Vatican II consacré à l’amour et au mariage ; puis, devenu Pape, pendant 5 ans, il donnera une série de catéchèses sur « l’amour humain dans le plan divin » : « La tendance sexuelle étant un don de Dieu, elle est légitime.
Néanmoins elle ne peut se passer de l’amour pour respecter l’altérité de l’être aimé et en faisant le terme même de la relation ». « La sexualité est le domaine par lequel l’homme découvre la dépendance qui est en même temps la loi de l’amour. L’amour est toujours en quête de l’être aimé ».« La sexualité est donc une amie….un espace divin en l’homme (Gn 1,31).
[…] La foi est humaine ; elle ne nie pas l’éros. L’homme dit oui à sa corporéité créée par Dieu. Mais le corps et l’âme doivent se trouver en parfaite unité… C’est l’homme tout entier, corps et esprit, qui aime. C’est seulement lorsque les deux se fondent que l’homme devient pleinement lui-même. Et Benoit XVI d’affirmer dans son encyclique, « Deus Caritas Est » : « L’amour est « extase » mais extase non pas dans le sens d’un moment d’ivresse, mais extase comme chemin, comme exode permanent allant du je enfermé sur lui-même, vers sa libération dans le don de soi et précisément vers la découverte de soi-même et plus encore vers la découverte de Dieu. Ce chemin c’est l’agapè, le nom biblique de l’amour quand celuici devient véritable découverte de l’autre, « dépassant le caractère égoïste qui dominait clairement auparavant. L’amour devient maintenant soin de l’autre et pour l’autre. Il ne se cherche plus lui-même – l’immersion dans l’ivresse du bonheur- il cherche au contraire le bien de l’être aimé : il devient renoncement, […] Voici donc la bonne nouvelle : en s’aimant passionnément intensément et charnellement le couple chrétien révèle la façon d’aimer du Dieu de l’Alliance.
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