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Ordination presbytérale de Nicolas Germain
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Ordination presbytérale de Nicolas Germain
Mgr Robert Wattebled ordonnera prêtre l’abbé Nicolas Germain le dimanche 10 juin 2012, à 16h, en la cathédrale Notre-Dame et Saint Castor de Nîmes. Rencontre. Nicolas, nous vous avions rencontré il a un an, à la veille de votre ordination diaconale. Depuis vous avez poursuivi votre formation à la fois au séminaire Saint Cyprien de Toulouse et en insertion pastorale dans les paroisses du centre ville d’Alès… Quel est aujourd’hui votre état d’esprit ?
Depuis l’ordination diaconale et la rentrée du mois de septembre dernier, le rythme de ma formation a considérablement changé. Je suis maintenant trois semaines par mois à plein temps sur la paroisse d’Alès et seulement une semaine en formation au séminaire saint Cyprien de Toulouse. Je crois pouvoir dire, en relisant ces quelques mois qui ont passé à toute vitesse, que cette immersion dans la vie pastorale au quotidien me conforte dans ma vocation et achève de vérifier mon désir de me donner tout entier au Seigneur. J’aime le contact avec les gens que Dieu place sur ma route, jeunes ou moins jeunes d’ailleurs. Je trouve passionnante la mission de faire mieux connaître et aimer Jésus Christ à tous mes frères quels qu’ils soient. Je suis également marqué par la variété du ministère : aucune journée ne se ressemble et toutes sont aussi riches que passionnantes ! On dit souvent que le temps du diaconat est un temps où l’on peut mettre en pratique concrètement ce qui a été appris au séminaire : mais cette transposition n’est pas toujours simple ni même confortable ! Il faut chaque fois s’ajuster aux personnes que l’on rencontre, savoir être patient, se rendre disponible. C’est à ce prix que se forme peu à peu un coeur de pasteur appelé à grandir dans la charité fraternelle.
Qu’est ce qui vous a particulièrement marqué au cours de cette année pastorale ?
Il y aurait beaucoup de choses à dire ! D’abord, sur le plan humain et spirituel, j’ai la chance de vivre dans le même presbytère que mon curé, le Père Rodriguez. Cette cohabitation est source d’échanges permanents et fructueux : nous prions ensemble l’office divin, nous abordons dans la confiance des sujets de fond sur la vie et le ministère des prêtres d’aujourd’hui et de demain, sur la vie paroissiale, nous mangeons aussi ensemble. Bref, une réelle complicité s’est ainsi établie, et je suis particulièrement heureux de cette expérience. J’ai d’ailleurs l’audace de penser que c’est réciproque ! Je suis également marqué par la prédication, qui est une des missions du diacre pendant la liturgie. La préparation d’une homélie est un véritable travail mais un travail véritablement gratifiant. Je crois beaucoup au ministère de la Parole : notre monde a besoin d’apôtres crédibles qui sachent rendre compte de leur foi de façon à la fois raisonnable et passionnée. Cet aspect rejoint d’ailleurs le goût que j’ai toujours eu pour l’enseignement, la transmission. Sans cesse, dans mes journées, je suis amené à témoigner, à rendre compte de ma confiance en Jésus Christ mort et ressuscité, à expliquer les mystères de la foi à des jeunes qui sont loin de l’Eglise, à des groupes d’aumônerie ou de caté, à des couples qui se préparent à recevoir le sacrement de mariage ou qui s’apprêtent à faire baptiser leur enfant, à des familles en deuil, à des personnes âgées que je visite pour leur porter la communion, à mes propres amis ou à ma famille qui me demandent un avis… En somme, je commence à mieux comprendre toute l’exigence de ce verset de la première épître de saint Pierre : « Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous » (1 P3, 15) Vous évoquez certaines situations qui vous bousculent, qui remettent en question un certain nombre de pratiques. A partir de vos premières expériences, quelles sont celles qui vous apparaissent comme des défis pour l’Eglise ?
Je constate que Notre Seigneur est ignoré de la plupart des gens qui vivent autour de nous. Vous savez, on croise peu d’athées militants mais beaucoup de personnes qui ne se posent même plus la question de Dieu. Jésus est de nos jours rarement combattu mais très souvent inconnu. Ce constat, aussi alarmant soit-il, loin de me décourager, me brûle d’une ardeur missionnaire : comment rejoindre ces jeunes qui vivent dans de véritables déserts spirituels ? Comment proclamer la Bonne Nouvelle à nos frères et soeurs et parvenir à toucher les coeurs ? Comment faire surgir la beauté de la foi chrétienne, la grandeur de l’Eglise et de l’Evangile dans un monde devenu sourd mais qui a tant besoin d’entendre ? La transmission de la foi aux jeunes générations et la nouvelle évangélisation sont donc les défis majeurs de notre temps et méritent que nous déployions tout notre zèle apostolique et toute notre énergie. Le prochain synode des Evêques au mois d’octobre à Rome ouvrira, j’en suis sûr, bien des pistes de réflexion.
Avec la baisse spectaculaire du nombre de vocations en France, la perception du ministère du prêtre est parfois brouillée. Comment définiriez-vous sa place dans la communauté vers laquelle il est envoyé ?
Vous savez, j’entends souvent dire que, vu l’effondrement des vocations sacerdotales, il est urgent de repenser les choses « autrement », c’est-à-dire sans prêtre. Je crois que, aveuglés par l’urgence de la situation, on prend là les choses à l’envers. Je rappellerai simplement deux convictions qui sont au coeur de notre foi. Primo, il ne peut y avoir d’Eglise sans apôtres entièrement consacrés au Seigneur : c’est le Christ qui l’a voulu ainsi et nous lui faisons confiance. Secundo, l’Esprit Saint continue d’appeler autant qu’avant des pasteurs qui font le choix radical du sacerdoce. Mais savons-nous encore entendre cet appel, c’est là la véritable question, une crise de la réponse et pas une crise de l’appel. Ma conviction profonde est que le prêtre est irremplaçable dans une communauté paroissiale avant tout parce qu’il est un don de Dieu. Certes, il est appelé de plus en plus à collaborer étroitement avec les fidèles laïcs qui devront déployer des trésors d’inventivité pour l’aider dans son ministère spécifique. Mais le prêtre demeure le seul pasteur, collaborateur de l’évêque, qui a reçu la mission d’enseigner, de sanctifier et de diriger. Comme dans la parabole de l’Evangile, les brebis ont besoin d’un berger, pas d’un berger mercenaire, mais d’un pasteur qui les connaisse et qui est prêt à donner sa vie pour elles. J’aimerais tant que les nombreux jeunes chrétiens que je rencontre comprennent que la vocation sacerdotale, loin d’être un choix par dépit ou un sacrifice, demeure un don inestimable que le Christ a choisi de faire partager à l’homme pour la gloire de Dieu et le Salut du monde. Alors, je le crois, des oreilles et des coeurs s’ouvriraient à l’appel du Maître de la moisson… Propos recueillis par B. Delichère (Infocom) Dieu notre Père, Nous te rendons grâce car tu fais vivre ton Eglise dans des communautés fraternelles. Que ton Esprit saint ouvre nos coeurs aux dimensions du monde. Accorde-nous de savoir accueillir les prêtres, diacres et consacrés que tu nous donnes. Conduis-nous sur le chemin qui nous dispose à répondre, libres et joyeux, à l'appel du Chirst. Amen. (JMPV 2011 - SNV)
Prions pour les vocations...
" La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux..." >> lire l'Evangile de saint Matthieu 9,37

Dépliants téléchargeables réalisés à l'initiative des séminaristes du Gard (2009)
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