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Ordination presbytérale : rencontre avec Christophe Silvestre

 

Christophe Silvestre, 29 ans, originaire de Villeneuve-les-Avignon, sera ordonné prêtre par Monseigneur Wattebled dimanche 28 juin, à 16h, en la cathédrale Notre-Dame Saint Castor à Nîmes. Cet événement diocésain coïncide avec l’ouverture de l’année sacerdotale par le Pape, une double occasion pour le diocèse de Nîmes de rendre grâce pour le ministère de ses prêtres et de prier pour les vocations. Nous avons rencontré Christophe à la veille de son ordination.

 

Christophe, vous serez ordonné prêtre diocésain le 28 Juin, pouvez vous vous présenter et nous dire quel a été votre parcours jusqu’à l’entrée au séminaire ?

Je suis originaire de Villeneuve les Avignon, où j’ai grandi et suivi mes études secondaires.  Puis je suis parti 6 ans poursuivre des études de droit à Aix-en-Provence. Après une année de discernement accompagné par un prêtre, j’ai pris la décision d'entrer au séminaire pour le diocèse de Nîmes.

Quelques mots sur le parcours de formation des séminaristes ?

La formation s’organise autour de quatre pôles : formation intellectuelle, humaine, spirituelle, et pastorale. Notre parcours autour de ces trois axes peut être divisés en trois temps : un premier cycle de deux ans tourné vers le discernement de la vocation, sur la mise en place d’une vie de prière et, au plan des études, axé sur la philosophie. Puis un deuxième cycle de trois ans autour d’études plus théologiques. A la fin de ces cinq années, nous pouvons demander d’être ordonné diacre. Et, dans un troisième temps, une année diaconale où nous passons trois semaines par mois en paroisse et une semaine par mois au séminaire. Au terme de cette sixième année nous pouvons être ordonnés prêtre.

Depuis votre ordination diaconale vous avez pris davantage de responsabilités ? Pouvez-vous nous en parler ?

Je n’ai pas tant de responsabilité que cela. Je collabore dans divers secteurs de la pastorale. Mon ministère s’organise autour de deux axes : un premier pôle caritatif, et un second auprès des jeunes. En ce qui concerne le premier axe je consacre deux après midi par semaine à l’aumônerie de l’hôpital de Nîmes où je visite les malades. Puis je vais de temps en temps donner un coup de main à l’association : « Le pain partagé » qui distribue des repas aux personnes en difficulté.

En ce qui concerne ma présence auprès des jeunes j’accompagne un groupe de jeunes professionnels sur la ville de Nîmes qui se retrouve une fois par mois pour échanger, et approfondir sa foi. Par ailleurs je participe à l’animation de l’aumônerie des lycées, et j’accompagne un groupe de jeunes en troisième qui se préparent à la confirmation.

Vous avez entre autres, été présent à l’aumônerie de l’hôpital de Nîmes. Quel regard portez-vous sur ce bout de chemin fait dans le monde de la santé ?

J’ai découvert un monde que je ne connaissais pas. Le lieu où la souffrance et la maladie sont combattues certes. Mais quand même le lieu de la souffrance, le lieu de la pauvreté humaine qui se décline sur les plans physique, psychologique, spirituel…

Lorsque l’on intervient pour visiter les malades on se sent souvent inutile, impuissant face à ce que vivent les personnes malades. J’ai pris conscience que finalement notre vocation chrétienne dans ce lieu là c’était comme le disait la petite Thérèse une vocation à aimer. Autrement dit que nous étions là pour les aider, les accompagner en les aimant : cela se manifeste par l’écoute que l’on a pour ces personnes, la longue écoute, par quelques paroles que l’on balbutie maladroitement pour redonner le goût de la vie, pour retrouver l’espérance. Aimer en regardant ces personnes comme des hommes et des femmes à part entière.

Quel visage du Christ avez-vous découvert à travers cette expérience ?

Dans mes rencontres j’ai pu constater à plusieurs reprises ce que j’appelle «  l’effet du Christ médecin », c'est-à-dire que c’est lui, le Christ, qui agit à travers nous pour soulager les personnes; il agit au travers de nos oreilles qui écoutent, de notre langue qui parle, de nos gestes tactiles d’amitié et d’amour pour ces malades. Il ne s’agit pas seulement d’un effet qui soulage psychologiquement, spirituellement voire physiquement, mais quand le Christ médecin agit à travers nous il soulage en orientant la vie de ces personnes vers lui. C’est ce qui m’a beaucoup frappé, à plusieurs reprises lors de rencontres banales, c’est Jésus qui est venu visiter la personne malade, pas seulement moi, les personnes m’ont dit avoir éprouvé un mieux être intérieur, et en plus je constatais une ouverture sur Dieu. Je peux témoigner que le Christ agit comme un médecin au travers de nous, il ne fait peut être pas recouvrer la santé physique, mais il guérit des blessures intérieures, il ouvre des chemins de vie, de pardon, d’espérance, au cœur même des croix les plus lourdes à porter.

On croit souvent donner la charité, mais nous recevons toujours beaucoup plus que ce que l’on donne. Ce ministère aura été pour moi très nourrissant sur le plan de ma vie de foi, ma vie de ministre ordonné, sur le plan de mon humanité, et de ma relation au Christ.

On ne sort pas indemne, on ne sort pas le même après avoir côtoyé la souffrance de l’homme. J’ai l’impression au terme de cette année que cette expérience m’a fait grandir dans la compréhension du ministère de charité qu’exercent le diacre et demain le prêtre que je serai. Je mesure bien que si je suis appelé par Jésus c’est avant toute chose pour le service de la charité.

Vous êtes le seul prêtre diocésain ordonné cette année dans la province de Montpellier… les prêtres sont de moins en moins nombreux… comment accueillez vous cette réalité ? Dans la confiance, sans doute, mais encore ?

Je ne crois pas qu’il faille poser la question en ces termes; le problème, en réalité, c’est qu’il y a de moins en moins de chrétiens en France d’où de moins en moins de vocations de consacrés. Il me semble que le problème premier est à ce niveau.

Après seulement on peut se poser la question des vocations particulières et se demander comment les susciter, les éveiller, les faire grandir. Ce qui m’interroge aujourd’hui c’est de voir que les générations de 0 à 60 ans sont très peu voire quasiment pas représentées dans l’Eglise. Le problème pour moi c’est de me dire que dans peu de temps il n’y aura que très peu d’interfaces chrétiennes avec notre société. D’où la question de la possibilité, ou la chance de rencontrer un chrétien pour une personne de notre temps, et de répondre aux questionnements spirituels, existentiels de ces personnes. La question de notre capacité à faire entendre la Bonne Nouvelle.

Je garde confiance car je suis convaincu que c’est le Christ qui guide notre Eglise, mais il n’empêche qu’il demeure en moi non pas de l’inquiétude mais des interrogations sur l’avenir proche de notre Eglise en France.

Propos recueillis par Betty Delichère, Infocom

 

 

 Christophe est né le 18 juillet 1979. Issu d'une famille chrétienne, il est l’aîné de quatre enfants.

Après avoir passé un Bac ES en 1997, il entre en faculté de droit à Aix-en-Provence où il prépare un DEA en Droit des affaires. Au terme de 6 années d’études de droit, et après avoir été accompagné par un prêtre durant sa dernière année d’étude pour discerner cet appel, il prend la décision d'entrer au séminaire en 2003.

De 2003 à 2008 il suit un cursus à plein temps au séminaire régional Saint Cyprien, à Toulouse.

Le 29 Juin 2008 il est ordonné diacre en vue du ministère presbytéral à la paroisse Ste Jeanne d’Arc à Nîmes. Depuis son ordination Christophe passe trois semaines par mois en paroisse et une semaine par mois au séminaire pour une formation de type sciences humaines et pastorales.

Christophe est le 4ème  prêtre diocésain ordonné par Mgr Robert Wattebled, évêque de Nîmes depuis 2001. 2 autres prêtres ayant été également ordonnés pendant cette période (l’un pour les Missions Etrangères de Paris et l’autre pour la Mission de France.)

2 jeunes Gardois poursuivent actuellement leur temps de discernement et de formation au séminaire Saint Cyprien, à Toulouse, qui accueille les séminaristes des Provinces ecclésiastiques de Montpellier et Toulouse (Régions administratives du Languedoc-Roussillon et de Midi Pyrénées.)

Christophe célèbrera sa première messe le lundi 29 juin à 19h à l'Eglise Ste Thérèse Villeneuve